Fédération Camerounaise de Football
Azzedine Chih : «Je suis très satisfait de mon séjour au Cameroun»

L’expert de la Fifa pour le projet «Live your goals» a séjourné à Cameroun du 23 au 28 juillet. Dans cet entretien, il parle du prochain volet d’aide de la FIFA en faveur de la promotion et du développement du football féminin dans notre pays.  

Vous êtes un expert de la FIFA pour le programme de développement du football féminin à travers son projet “Live your goals”. Pouvez-vous dresser le bilan de votre séjour au Cameroun?

C’est un bilan positif, à partir du moment où on a eu à notre disposition toutes les informations nécessaires, mais aussi tout le personnel qu’il fallait pour nous accompagner, pour nous montrer un petit peu ce qui a été réalisé et ce qui est encore réalisable sur le terrain. D’une manière générale, je suis très content de ce séjour. On a beaucoup travaillé, on s’est beaucoup déplacé, on a rencontré beaucoup de personnes impliquées dans ce processus. Forcément, il y aura un constat et par la suite des recommandations pour aller vers un contenu et des opérations plus importantes qui puissent nous amener rapidement à l’excellence.

Quels sont les objectifs visés par la FIFA à travers son projet “Live your goals”?

Dans ce projet, la FIFA a toujours accompagné les associations impliquées dans tout le processus de développement de manière générale; et particulièrement le football féminin. “Live your goals” est impliqué dans ce programme de développement. Pour être plus explicite, “Live your goals” donne la possibilité, l’opportunité aux jeunes joueuses, à toutes les filles, femmes, jeunes femmes, de pratiquer ce jeu: jouer au foot. La FIFA met à la disposition des associations les équipements qu’il faut, la localisation qu’il faut pour pouvoir organiser des rassemblements, des portes ouvertes pour la pratique de ce jeu. C’est aussi une occasion qui permet de détecter les jeunes talents, pour pouvoir les impliquer, les intégrer rapidement dans les structures en charge du football féminin. Ça multiplie un peu le nombre de clubs, ça peut aussi multiplier le nombre de licenciés et bien sûr c’est une discipline qui est là, qui est accompagnée d’abord par les associations nationales; et ensuite par l’instance internationale: la FIFA, pour aller vers un développement à travers tous les pays.

Dans un pays comme le Cameroun, comment peut-on organiser les structures de manière à favoriser le développement du football féminin?

D’une manière générale, nous avons mis en place les structures nécessaires et l’association nationale du Cameroun est en train de former d’autres cadres, de mettre en place les moyens qu’il faut aussi. C’est une Fédération qui ne lésine pas sur les moyens, je l’ai constaté, à travers des programmes de développement et puis la qualité de l’encadrement de la direction technique nationale qui travaille d’arrache-pied pour pouvoir mener toutes les opérations à terme. Notre objectif aussi est de réorganiser le championnat, et bien sûr l’association nationale va organiser des élections.

 Vous avez parlé lors des réunions des entités incontournables: la Commission, la Ligue et la DTN…

Nous avons eu des entretiens très avancés avec la Direction technique nationale parce que c’est elle qui pilote tous les programmes de développement. Ensuite on a rencontré la Commission nationale et c’est une très bonne chose que le FECAFOOT envisage de se doter d’une Ligue de football féminin.

 Quel type de discours de sensibilisation doit-on tenir aux parents qui sont encore réticent à laisser leurs jeunes filles pratiquées le football ?

C'est vrai mais ça ne fonctionne pas comme ça naturellement et spontanément. C’est vrai que ça peut réussir par à-coups. Par contre, j’ai aussi eu l’occasion de rencontrer quelques présidents de clubs qui ont bien voulu répondre à notre invitation et nous avons discuté de projet de club. Dans ce projet de club, il est question d’avoir des partenaires, de ramener des gens qui puissent apporter un plus. Donc il va falloir identifier des personnes qui puissent communiquer avec les parents. C’est déjà une approche qui ne pourrait se faire que par des personnes qui excellent dans ce domaine: la communication ; pour pouvoir convaincre les parents. Mais comment les convaincre si on n’est pas structuré. D’abord s’organiser au niveau de son club, l’étoffer avec un personnel bénévole et impliqué; ensuite en identifiant les personnes qui pourront faire le travail. Vous allez voir que toute manœuvre, toute stratégie ne peut qu’apporter ses fruits. Notre objectif c’est d’aller convaincre ces parents, les parents des joueuses, les parents des jeunes filles, pour proposer de rejoindre le club, de participer à des actions éducatives et associatives. Ensuite le discours sera très facile, à partir du moment où on a tout ce qu’il faut pour convaincre.

Dans l’autre sens, ce serait intéressant aussi d’impliquer les parents, de les inviter à venir assister aux entraînements. Ça se fait dans le monde entier. Hier, en allant visiter un club des jeunes filles à la Cité verte (Green City, Ndlr), il y avait des parents qui étaient sur le côté, on a discuté un petit peu, on les a invités à prendre des photos avec nous. On semblait dire : nous sommes là pour vous mais aussi vous faites beaucoup pour nous. Il faut agrandir ce champ de partenariat, de travail. Ce qui est intéressant c’est que les parents peuvent accompagner leurs filles, et ensuite rentrer ensemble à la maison. Ça peut aussi les sécuriser et les fidéliser par rapport à la pratique du football féminin. C’est pour ça que je reviens toujours à l’organisation, je dis toujours aux présidents des clubs: “il faut vous organiser dans votre club”.

Comment justement bien organiser…

L’organisation elle est simple, on n’a pas besoin de grands moyens. Ensuite, il faut identifier les gens, le profil qu’il faut pour la catégorie de football féminin. Après on mettra en place la stratégie qu’il faut pour aller recruter le maximum de filles. Ce n’est pas chose aisée, mais il y a un début à tout. Sachez par exemple qu’en Belgique, on organise des tournois à deux contre deux. Donc, si on a quatre filles, elles peuvent jouer deux contre deux. S’il y a une autre équipe à quatre joueuses, on peut faire un tournoi entre les deux équipes. C’est juste un exemple. J’ai vu là où il y avait six ou sept filles et j’ai trouvé cela excellent. Quand on dit “Cité verte”, sans réfléchir, il y a des immeubles. Allez chercher ces filles là et présentez quelque chose qui soit digeste. Il ne s’agit pas d’aller voir des parents et d’essayer de leur promettre monts et merveilles. Ce n’est pas ça, c’est une association à caractère sportif mais aussi associatif et éducatif.

Que prévoit le prochain volet d’aide de la FIFA en faveur de la promotion et le développement du football féminin, notamment au Cameroun?

Je vais faire un rapport à la FIFA avec des recommandations pour dire que la FIFA a besoin du Cameroun pour se développer davantage et aller vers une organisation plus large, à la base notamment. Dans le programme de la FIFA, qui s’étale jusqu’en 2018, il y a tout un accompagnement, toute la présence de la FIFA que ce soit en dotation de matériel destiné aux clubs de la première division, les cours pour entraîneurs, les cours pour les administrateurs. Il y a aussi les festivals, sauf qu’il ne faut pas se contenter du festival qui est supervisé par la FIFA